Alors, qu'en était-il du sable auparavant ? La fréquence de la poussière du Sahara augmente-t-elle chez nous ? La réponse courte est : non, plutôt pas, ou alors les tendances possibles sont ambiguës et difficilement quantifiables. Les données de mesure sont relativement rares, mais il existe des séries chronologiques relativement longues, par exemple au Jungfraujoch et au Monte Cimone. Au Hoher Sonnblick, il est possible de consulter des données en temps réel et de les comparer avec la webcam.
Dans la série chronologique du Monte Cimone (2003-2023) examinée dans cette étude, le nombre de jours avec transport de poussière du Sahara varie certes d'année en année, mais aucune tendance à long terme ne se dégage. Il en va de même au Jungfraujoch - on reconnaît des variations saisonnières et quelques années exceptionnelles avec un volume particulièrement élevé, mais les données ne donnent pas de tendances. Dans ce cas également, la série chronologique couvre environ 20 ans.
Pour un regard plus approfondi sur le passé, il est possible d'utiliser des carottes de glace, si on en a sous la main. Une étude correspondante a été réalisée sur une carotte de glace du Colle Gnifetti (Monte Rosa), probablement le site de carottage le plus célèbre des Alpes. La majeure partie de la glace des glaciers dans les Alpes est tempérée (environ zéro degré) et relativement jeune (quelques centaines d'années). Les sites où la glace est nettement plus ancienne (plusieurs milliers d'années) sont rares et le Colle Gnifetti en fait partie.
L'étude des sables sahariens considère, à partir du noyau, une période d'environ 2000 ans. Sur cette échelle de temps, on trouve des phases avec un transport de poussière plus important, qui sortent de la moyenne (très) longue, comme une période de 870-1000 et au début du petit âge glaciaire vers 1300. Les auteurs résument en conclusion : Il y a des phases avec plus de transport de poussière et d'autres avec moins. Cela est probablement lié à des modèles de circulation à grande échelle, mais les marges de fluctuation sont élevées. Dans un regard spéculatif sur l'avenir, ils supposent que le transport de poussières tend à diminuer en raison du changement climatique et de la modification de la circulation, tandis que des périodes de sécheresse plus fréquentes entraînent une augmentation de la poussière qui pourrait être transportée.
Nous recommandons en tout cas les études mises en lien comme base pour des discussions sur les télésièges lors de la prochaine situation de poussière du Sahara !