"L'arête - une largeur de chaussure de ski entre le ciel et le néant".
Les pentes scintillent de blancheur - mais notre objectif est plus haut. Plus isolé. Plus froid. Plus authentique. A chaque pas sur les peaux, la respiration devient plus rythmée, la pensée plus silencieuse. Le DVA remplace le tamis, les skis de randonnée la planche d'orpaillage. Tels des chercheurs d'or modernes, nous montons dans la vallée hivernale de Sertig près de Davos. A la recherche de poudreuse et d'un moment qui vaut tout.
Pendant la nuit, le vent a tracé de nouvelles lignes : des vagues douces, des traces gelées, un silence absolu. Seul le bruissement de la veste et le clic des fixations le rompent : "Le Gfroren Horn porte bien son nom", dit mon copain de randonnée Martin en soufflant de la chaleur dans ses doigts. Pas étonnant : le soleil hésite encore.
À chaque mètre d'altitude, la vallée recule, la vue s'élargit. La montée suit le cours de la vallée avant d'arriver sur le versant nord de la montagne. Le terrain devient plus raide et plus rocheux. L'arête finale est étroite, une bonne largeur de chaussure de ski entre le ciel et le néant. Un faux pas ? Ce n'est pas une bonne idée. Maintenant, chaque pas compte. Et puis : bonheur au sommet à 2.747 mètres. "Wow !" Il n'y a pas besoin d'autres mots. Le reste est raconté par le paysage de montagne au sommet, tout autour de Martin. La respiration est suspendue dans l'air, le silence résonne.